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| 02/07/2007
Les leçons de Mélanie Fosse
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Leçon n°2 |
| La 1ère leçon de dame Mélanie (notre quintuple championne de France de Longboard et notre BE attitrée, voire ITW) était consacrée aux échauffements devant précéder vos sessions ainsi qu'à la rame; nous vous avions également proposé une mise en jambes (et en bras) pour le take-off en le simulant sur le sable.
Avec cette 2ème leçon, les choses « sérieuses » commencent : va falloir se jeter à l'eau ! Mais d'abord, il conviendra de bien observer le spot et les conditions du jour, autant pour des questions de sécurité que pour votre confort...Et oui, le surf nécessite des préliminaires dont le respect conditionnera bien souvent la réussite des opérations !
A l'attaque !
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| 1. Observer le plan d’eau |
Le surf est un sport où l’environnement naturel tient le 1er rôle. N’oublions jamais que l’élément marin n’est pas a priori le milieu naturel de l’homme (et de la femme ?). Bref, apprentie-surfiste pleine d’allant, il te faudra rester humble et lucide face aux éléments et tout se passera bien. Pour cela, il convient avant de se jeter à la flotte de prendre le temps de regarder, d’observer et de (se) poser les bonnes questions :
--- quel est le type de spot ? --- quelle est la taille des vagues, comment mesurer ? --- marée haute ou marée basse ? --- Y a-t-il du courant, quel est sa direction ? --- Y a-t-il du vent, quel est sa direction ?
• Spot de sable, de rochers, de corail etc…
Il existe différents types de fonds marins : sable, rochers (plats, galets…), ou corail... Le plus adéquat pour débuter est bien évidemment le sable pour sa capacité à épargner les fesses en cas de chute. Cependant si vous n’avez pas de beachbreak sous la main vous pouvez tout de même débuter sur du reef (rocher, corail= du dur), mais il faudra alors redoubler de prudence.
Evitez absolument les vagues qui brisent dans trop peu d’eau (au moins 1m est nécessaire, donc cf la marée) ainsi que les spots farcis de moules (coupantes comme des rasoirs) d’oursins, ou encore le corail de feu (espèce de corail particulièrement urticante voire douloureuse). N’hésitez pas à vous renseigner dans les surfguides ou les mags (comme le « stormrider guide » par exemple pour l’Europe) ainsi qu’auprès des surfers présents ! NB : voir aussi la rubrique « spots » de chez AGORIDE.
• Les vagues
Evidemment, vous n’avez pas l’intention d’affronter des tubes de 2 mètres pour votre 1ère mise à l’eau. Néanmoins, il est parfois délicat d’estimer du bord la taille des vagues … Servez-vous d’un étalon : un surfer (euse) sur une vague est le moyen le plus simple de mesurer les vagues ; et demandez autour de vous s’il n’y a pas des séries de vagues plus grosses qui déboulent sans prévenir. Pour débuter, les vagues ne doivent pas dépasser le mètre (50 cm sont largement suffisants). Préférez de plus les vagues « à pente douce », où la lèvre ne forme pas un tube… En aquitaine par exemple, prenez d’abord les mousses du bord ou la « reforme »…
Un point essentiel : observez le sens de déroulement des vagues : droites ou gauches (cf plus loin, « suivre la vague en travers ») ?
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• Le vent
La présence de vent (et sa direction) est un paramètre fondamental pour la qualité d’un plan d’eau. Le mieux c’est pas de vent (« glassy ») ou un vent « off-shore », c’est-à-dire qui souffle de la terre vers la mer. Le vent « on-shore » à l’inverse, qui aura tendance à écraser les vagues et à créer du clapot est un facteur limitant la qualité des vagues. Ceci dit, pour débuter point besoin de conditions parfaites. Evitez tout de même le vent trop fort qui vous brûlera les yeux (surtout en méditerranée où la concentration saline est forte) et brouillera la lecture du plan d’eau…Evitez également un vent de terre trop fort susceptible de vous emporter au large.
Attention : tout comme la taille et la direction de houle, le vent, notamment on shore, favorisera la présence de courant…Par exemple sur les beach breaks aquitains, lorsque le vent d’Ouest se lève en début d’après-midi (en été) un fort courant latéral l’accompagne souvent.
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• La marée/les courants
Selon les régions, on aura un plus ou moins grand marnage (cf mini-lexique). Ainsi en méditerranée, les marées sont quasi inexistantes, avec comme avantage non négligeable d’avoir des spots stables en qualité tout au long de la journée et moins de courant (pourvu que la houle tienne, ce qui est une autre affaire !). A la Réunion, il existe de vraies marées, mais de moindre importance par rapport à la métropole…
Concernant le littoral atlantique français, on peut schématiquement dire que : dans le Sud des Landes et au Pays Basque le marnage n’est pas très important et que plus on monte dans le nord plus ce dernier augmente. Ainsi en Bretagne et surtout en Normandie le spot peut « disparaître » à marée basse (le plateau continental est faiblement incliné) !
Le niveau de la marée (basse, haute qui monte ou qui descend, ou encore l’étal) est à checker non seulement par rapport aux courants qui peuvent se créer mais aussi en considération du niveau d’eau, notamment sur les spots de reef. Certains spots ne se surfent qu’à une certaine marée. Consultez comme d’hab les locaux, les surfguides et procurez-vous un guide des marées, gratuit dans les bons surfshops ou checkez le net.
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| Attention : les baïnes. |
En aquitaine notamment, la marée crée des courants circulaires appelés baïnes. Sans rentrer dans le détail de la formation de ces courants, on dira simplement :
- d’abord qu’il convient de bien se renseigner sur leur localisation, notamment auprès des MNS. En général, il existe des panneaux descriptifs des baïnes devant le poste de secours…Il est donc facile de les éviter grâce à un minimum de précautions ! - ensuite si l’on est pris dans une baïne et que l’on dérive vers le large, il existe une règle d’or : NE PAS PANIQUER, NE PAS RAMER/NAGER A CONTRE COURANT, SE LAISSER PORTER car il s’agit d’un mouvement circulaire, vous reviendrez ainsi au bord après un « petit tour »au large, peut-être pas à l’endroit où vous vous êtes mise à l’eau mais en tout cas vous atterrirez forcément sur le rivage.
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• La mise à l’eau
Sous réserve de respecter ce que l’on a dit plus haut sur les baïnes, la mise à l’eau ne pose en général pas de problème sur les beachbreaks, hormis en présence de shorebreak (mais comme on a choisi un jour de petite houle, il n’y en aura pas !).
La mise à l’eau peut en revanche s’avérer plus délicate sur les spots de reef. Le mieux est d’observer les locaux et de les questionner sur les embûches à éviter et autres petits trucs facilitant l’accès au pic…
ATTENTION : nous n’avons pas parlé des règles de priorité : celles-ci feront l’objet d’une leçon à part, tant elles sont indispensables. A votre niveau, restez au bord et ne partez pas sur une vague si un(e) surfer(euse) est déjà dessus et ce sera bien…
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| 2. Faire son take-off et suivre la vague en travers |
Pour tout ce qui concerne la rame et la prise de vitesse nécessaire au take-off, nous vous invitons à consulter la leçon n°1. Nous vous invitons notamment à simuler quelques take-off sur le sable avant de vous mettre l'eau, afin de consolider vos réflexes (se lever en une seule fois, poser ses mains à plat sur la planche...).
Mél au take-off en backside : le regard se porte loin sur l'épaule de la vague
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| Des droites et des gauches |
Une vague qui déroule de la gauche vers la droite (quand on est face à la mer) est une gauche. Une surfer(euse) goofyfoot y sera de face, frontside. L’inverse pour les droites : backside pour les goofy et frontside pour les normalfoot.
La photo ci-dessus nous fournit une bonne illustration de ce qu’il faut faire pour réussir son take off et « faire » sa vague, la suivre en travers. En l’occurrence, il s’agit d’une gauche. Comme Mélanie est normal foot (pied droit à l’arrière de la planche) elle part donc dos à la vague, backside.
--- Mélanie n’a pas attendu d’être en bas de vague pour se lever ( elle a donc ramé fort) : elle aura d’autant plus de chance de ne pas être « en retard » par rapport à la vague. Le but de la manœuvre étant de surfer la partie vierge de la vague (pas la mousse) et de parcourir la plus grande distance possible !
--- Observez bien le regard de Miss Mél : elle ne regarde pas ses pieds-défaut classique des débutants- mais lance son regard au loin, sur l’épaule de la vague. A l’instar de la conduite routière, on peut dire que la planche ira là où vous porterez le regard, selon le processus suivant : la tête se tourne dans le sens de la vague, suivent naturellement les épaules, puis le reste du corps et la planche, en prolongement ! C’est aussi « simple » que cela. En fait, il vous faudra répéter la chose des dizaines de fois au moins avant que cela ne soit naturel. Le surf est le sport le plus technique qui soit mais le plaisir est à la hauteur de la difficulté. Don’t give up the fight !
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--- Mélanie a les jambes fléchies, pour un meilleur équilibre !
Mélanie, take-off frontside, le regard anticipe la suite du mouvement.
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--- pour éviter que la planche n'enfourne (plante du nez en bas de vague), Mélanie appuie solidement sur son pied arrière afin de faire pivot. Il est utile d'avoir de bonnes « cannes » en surf. Mélanie est une sportive complète, très tonique et qui pratique plein de sports différents, ça aide.
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En longboard, on pourra ensuite suivre la vague en travers en noseriding. Ici, notre championne fait la totale : des pas croisés sur la planche pour se placer sur le nose. Trop la classe !
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| 3. Le bottom turn |
Quand vous maîtriserez votre take off et aurez bien assimilé le suivi d’une vague en travers, vous pourrez commencer à penser au bottom turn.
Comme son nom l’indique le bottom turn est un virage en bas de vague (bottom =bas, turn=virage, fou non ?). Le bottom peut s’inscrire dans plusieurs directions : simplement se placer dans la face de la vague pour la suivre ou se caler dans un tube, il peut également constituer la 1ère partie d’un roller (le « roller-coaster », dans une prochaine leçon)…
Certains trouvent le bottom backside plus facile quand on débute que le bottom front, pour d’autres c’est l’inverse. S’agit d’exercer une pression sur la planche, une prise de carre, comme en snowboard ou en ski (ou encore en skate).
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Avec un longboard, on appuiera plus fort sur l'arrière de la planche pour accompagner le planté de rail (le bord de la planche, la carre) d'un mouvement de pivot.
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Nota : Mél se sert de sa main afin de s'équilibrer, comme dans un « Vitelli » en snow. C'est joli et efficace ! Elle rentre légèrement son genou arrière vers l'intérieur comme en snow également.
Variante shortboard :
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2. la pression sur le pied arrière, moins importante en shortboard
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Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Prochaines leçons : les règles de priorité, le roller, le cutback, le canard et des trucs/matos…et plein d’autres tips encore !
Eclatez-vous, bon surf dans le respect de la nature et des autres, et à bientôt !
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| Mini-lexique en vrac : |
---Marnage : différence de niveau de la mer entre la marée haute et la marée basse. --- Etal : moment de flottement entre deux mouvements de marée. Souvent les vagues faiblissent durant cette période… ---noseriding : figure de style classique du longboard. S’agit de surfer en équilibre sur l’avant (le nose) de la cheplan. On distingue hang five et hang ten… --- MNS : maître-nageur sauveteur. Très utiles d’une façon générale, ce sont les Saint Bernard de l’océan. Certains d’entre eux peuvent se révéler néanmoins de vrais emmerdeurs, empêcheurs de surfer en rond (quand ils s’amusent notamment à mettre leur zone de baignade face au pic…). Reconnaissables grâce leur moule-bite bleu règlementaire ! --- Pic ou line-up : zone de départ et aussi d’impact ! --- Reforme : petite vague du bord. S’agit de la même onde que celle qui a brisé au large mais dont la puissance s’est attenuée. Idéale pour débuter !
Dossier réalisé par R. Daron en collaboration avec Mélanie Fosse de PARITY SURF (paritysurf.skyblog.com). Photos : R.D. et J. Herman.
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